“Médecine scolaire, éducation en santé” Intervention de Xavier Breton lors des 5èmes rencontres parlementaires sur le système de santé

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« Le pilotage de la médecine scolaire est trop centralisé, ce qui ne permet pas de s’adapter à des situations locales. Les projets passés de décentralisation n’ont jamais abouti […] Il s’agit là, sans doute, d’une piste à suivre à l’avenir ». Xavier BRETON

La médecine scolaire remplit trois missions :

1-dépister les problèmes de santé des élèves, susceptibles de compliquer leur parcours scolaire.
2-apprendre aux enfants à être autonomes et responsables de leur santé.
3-utiliser l’école comme un relais et même un acteur des politiques de santé publique.
Ces deux dernières missions concernent directement notre système de santé.

L’éducation à la santé consiste à enseigner des comportements favorables au maintien d’une bonne santé. Depuis les années 1970, l’axe majeur est la lutte contre les comportements nocifs par la dénonciation des effets dévastateurs du tabac, de l’alcool, des drogues, des rapports sexuels non protégés, d’une mauvaise alimentation, d’une exposition non protégée à des niveaux sonores élevés, etc. Le bilan de cette éducation est très mitigé. D’après un rapport publié en 2011, la santé physique des jeunes Français est relativement bonne, mais leur santé mentale et leur insertion sociale demeurent nettement insuffisantes. Les Français de 18 ans demeurent parmi ceux qui boivent le plus, fument le plus, se droguent le plus, consomment le plus d’antidépresseurs et de tranquillisants, se suicident le plus, développent le plus de MST et parmi lesquels le nombre d’avortements est très élevé. Ce bilan plutôt sombre ressemble finalement aux murs de nos lycées recouverts d’affiches sombres les mettant en garde contre toutes sortes de menaces. Mais l’enjeu réel de l’éducation à la santé ne devrait pas se réduire à délivrer une information sanitaire, mais devrait être d’aider chaque jeune à s’approprier progressivement ses choix et à adopter des comportements responsables.

La mission de la médecine scolaire en tant qu’acteur des politiques de santé existe depuis les origines de la médecine scolaire avec la lutte contre les maladies contagieuses, notamment la tuberculose. Sur ce plan, également, le bilan est assez mitigé à cause du déficit d’articulation entre l’exercice de cette médecine scolaire et les objectifs sanitaires définis au niveau national.
À l’heure actuelle, la médecine scolaire se trouve à la croisée des chemins. Sa crise témoigne d’abord d’un manque de moyens. L’attractivité pour les métiers de la médecine scolaire est en berne : les rémunérations sont peu favorables et ces métiers souffrent d’un manque de reconnaissance au sein de l’Éducation nationale comme de la société. En outre, le pilotage de la médecine scolaire est trop centralisé, ce qui ne permet pas de s’adapter à des situations locales. Les projets passés de décentralisation n’ont jamais abouti, puisque les projets de décentralisation vers les Départements des services de santé scolaire n’ont pas été retenus tant dans les lois Defferre qu’à l’occasion de l’acte 2 de la décentralisation au début des années 2000. Et le sujet a été à peine évoqué dans les débats sur la réforme territoriale qui viennent de s’achever. La gouvernance de la médecine scolaire ne prend ainsi pas en compte la régionalisation de la santé publique telle qu’elle s’opère à tous les niveaux. Il s’agit là, sans doute, d’une piste à suivre à l’avenir.

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